Portrait pluriel d’une femme singulière

 

Propos recueillis par Karina Vigier

 

Le rendez-vous est pris. Cette interview se fera par téléphone. Je suis à Londres et Marion (Gruber) est quelque part entre les plages d’Hossegor, sa toute nouvelle maison – son havre de paix ou un de ces nombreux spots qui font de cette célèbre station balnéaire un must to be. Pas easy de se lancer dans une discussion et de se livrer, alors que plus de 1200 kilomètres nous séparent et qu’on ne s’est jamais rencontrées, ni même vues, ou juste un peu découvertes peut être via nos comptes Instagram respectifs. Curiosité oblige ! Mais voilà, il n’était pas bien nécessaire de faire semblant, de créer une ambiance qui n’existait pas car le feeling lui, bizarrement, y était. Londres fait grise mine, rien d’étonnant à cela. Le téléphone sonne et elle décroche.

 

Et là, la magie opère. C’est incroyable comme cette fille de 29 ans, cette jeune maman, cette épouse, a réussi dès ses premiers mots à ensoleiller ma journée. J’ai ressenti quelque chose de remarquable qu’on appelle de la générosité, c’est bien cela… elle affiche de la générosité pour parler de son métier, des siens, de sa vie. Chose rare et belle. Elle s’est confiée, s’est délestée de quelques jolis souvenirs d’enfance et de jeunesse, a abordé ses nouveaux projets professionnels. Celle qui séduit des milliers de femmes par son charme bohème et son port parfait du chapeau, est notre invitée dans ce numéro d’hiver et sincèrement vous devriez lire ce qui suit…

 

Petite question que peut-être personne n’ose vous poser, à moins de passer pour un(e) ignare… que signifie Fringe and Frange ?

Facile : j’ai toute ma vie porté la frange. C’est la coiffure qui m’a toujours caractérisée. J’étais Marion la grande blonde à frange. Associé à Fringe, sa traduction littérale en anglais, cela a donné Fringe & Frange. Mais derrière ce jeu de mot capillaire, il y a aussi mon goût prononcé pour la mouvance des 60’s – 70’s aussi bien dans la mode que la scène rock. Et aussi toute la culture amérindienne, véritable source d’inspiration pour moi. Fringe & Frange est donc un condensé de tout cela. Mon univers bien à moi.

 

Marion Gruber, on vous dit Influenceuse, globetrotteuse, créatrice, auteure, mais qui êtes-vous vraiment ?

Si on doit me donner un surnom, le couteau suisse me va comme un gant ! Je suis tout à la fois sans restriction aucune. Avec au bas mot, ses fameuses 15 fonctions. Mais si on doit me rentrer dans une seule et unique case, je choisis celle de créatrice. Car après-tout c’est ce que suis vraiment : créatrice de mode, d’objets, d’idées, de contenus…

 

 

Vous vous distinguez par votre style bohème et par votre chapeau, qui semble faire partie intégrante de votre personnalité. Comment vous êtes-vous approprié ces codes fashion ? Et que représente la mode pour vous ?

C’est à travers les voyages et les rencontres que mon style s’est affirmé. La mode est ma passion. J’aime les vêtements, les tissus, les belles pièces. Avoir un blog de mode pendant presque 10 ans aurait pu me lasser. Mais pas du tout, je vibre toujours autant. Je suis une grande manuelle (de mère en fille d’ailleurs), un petit détail suffit parfois à débrider mon imagination créative. Je suis mon instinct, mes envies. J’essaye toujours d’être surprise… par la vie. Pour le chapeau, je me souviens d’une vieille photo chez ma grand-mère où déjà petite j’en portais un. Ma mère s’est apparemment amusée très vite à me faire porter des chapeaux. C’est un accessoire qui me semble-t-il fait partie intégrante de ma vie. Et je n’ai jamais cessé d’en porter. Étudiante avec mes premiers sous, je passais déjà mes commandes chez Asos. Inoubliable !

Qui dit chapeau, dit le Fédora signé Fringe and Frange, un modèle qui existe aussi bien pour femmes que pour enfants. Est-ce que cette collection va évoluer, s’enrichir ?

Effectivement, aujourd’hui ma collection de chapeaux comporte des modèles en feutres et en sisal pour femmes et enfants. Nous travaillons actuellement à intégrer de nouvelles matières, une paille plus rigide par exemple. Et la grande nouveauté pour cet hiver est la création de bandanas, de grands carrés de soie à porter autour du cou et/ou à entourer autour du chapeau à guise et place du traditionnel ruban. A chaque saison, j’ai décidé d’inviter des artistes que j’admire à m’accompagner dans mes différents projets. Cette fois-ci, j’ai collaboré avec l’illustratrice, Marine Marie qui a rajouté sa patte personnelle à travers ses dessins et a donné vie à ma collection de bandanas.

 

Vous êtes maman, de Romy Ella (2 ans et 3 mois) et de James Austin (3 mois). Deux enfants que vous avez eu à l’aide du protocole de PMA. Ce fut un parcours riche en espoirs et aussi en désespoirs que vous dévoilez sans langue de bois sur le podcast Bliss Stories. Si vous deviez donner un conseil à une maman qui entame ce combat pour le moins difficile, quel serait-il ?

C’est très difficile de donner son avis quand pour moi, pour nous, tout s’est parfaitement bien passé. Mais si je peux me permettre cette liberté, mon seul conseil serait de faire confiance au corps médical. Il faut se laisser guider, peut être aussi parfois savoir lâcher prise, à arrêter de de tout vouloir contrôler. La médecine dans ce domaine évolue vite et bien, je suis un exemple vivant, avec la naissance de mes deux beaux bébés, que cela fonctionne. J’ai beaucoup utilisé la pensée positive pour m’aider, pour m’alléger, m’entourer de bienveillance et de (essayer de) voir que les côtés positifs, de respecter mon corps. J’ai certainement gagné en sérénité. C’est un combat qui vaut à mes yeux tous les sacrifices et si demain je devais recommencer ce parcours, je le ferais sans aucune hésitation.

 

 

Vous qui sembliez si Parisienne, avez récemment quitté Paris. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?

Je suis une fausse parisienne mais une catalane pure souche, née à Perpignan. J’ai toujours attendu le grand départ ! J’avais rejoint à Paris, Guillaume mon fiancé (devenu mon mari depuis) pour poursuivre mes études. Nous avions un deal : celui de partir, on ne savait pas encore où, ni quand et on imaginait plutôt partir à l’étranger. Mais voilà, il s’avère qu’on a eu un véritable coup de cœur pour le Sud-Ouest. C’est devenu une évidence, c’est là que nous voulions élever nos enfants et construire notre avenir ! L’Océan, les paysages magnifiques et le fait d’avoir déniché la maison de nos rêves ont eu raison de nous. Nous voilà installés loin de la capitale mais j’ai la chance de faire un métier que je peux exercer de n’importe où. La création de contenus et d’images est ma source de revenus et plus je suis dans un endroit qui m’inspire, plus mon travail est de qualité. Je pense qu’à Paris, je commençais à saturer, j’avais besoin de changement. Et ce changement est très bénéfique pour toute la famille.

 

Votre blog, créé en 2011 est aujourd’hui une source d’inspiration pour de nombreuses femmes. Votre feed Instagram comptabilise plus de 112K followers. Vous collaborez avec de belles marques. Vous vivez de votre passion. Considérez-vous cela comme une success story ?

Totalement ! Jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurais imaginé que j’en serais là. C’est une réussite qui a clairement dépassé toutes mes espérances. J’ai la chance de vivre de ma passion. C’est un luxe extraordinaire ! Mais cela m’oblige également à en faire plus, faire encore mieux pour d’une part continuer à m’amuser autant et aussi à proposer à ma communauté du contenu pertinent mais toujours à mon image. Sans compter que j’ai la chance de pouvoir travailler à mon rythme tout en m’occupant de mes deux enfants.

 

Vous êtes une jeune maman de 29 ans. Quelles sont les valeurs que vous souhaiteriez transmettre à vos enfants ?

Il y en a tellement mais j’aimerais avant tout qu’ils conservent cette curiosité si particulière aux enfants. Leurs yeux qui s’émerveillent de petits riens. C’est pour nous un besoin fondamental que rien ne soit tenu comme acquis, mais tout voir comme un cadeau… de la vie. Et puis je veux qu’ils soient généreux, à l’écoute et qu’ils croient en eux. On va tout faire pour qu’ils grandissent comme ça.

 

Pour nous et seulement pour nous… Avons-nous droit à une petite exclu ? Est ce qu’il y a de nouveaux projets qui se profilent à l’horizon ?

Ah, ah, ah… ce que je peux vous dévoiler c’est que très bientôt (en 2020 ndlr), mes chapeaux ne seront plus vendus uniquement que sur mon site mais également dans de nombreux points de vente physiques. En France et à l’International. Enfin, aussi bien les femmes que les enfants pourront les essayer, les tester et les adopter ! Voilà un de mes vœux les plus chers qui se réalise.

 

 

L’interview s’achève sur quelques politesses d’usage. C’est la fin, je raccroche, je reste un peu sur ma faim. Ce fut court mais bon. Marion Gruber m’a bluffée par son enthousiasme, sa soif de voir la vie du bon côté. Elle a décidé de regarder l’avenir de façon optimiste. Cela lui va plutôt bien. Tout le monde lui court après… cette fille stylée est la femme du moment. Et même si Instagram c’est de l’image, cela lui a donné une voix. Et sincèrement j’aimerais l’entendre parler plus souvent !

@fringeandfrange

Écrit par KiDS Team le 6 February 2020