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Clémentine GaleyGod, Bliss you !

Clémentine Galey
God, Bliss you !

KiDS Team

Ce jour-là, Paris fait grise mine, rien de très surprenant à cela. Je potasse encore quelques instants mes questions avant d’entrer dans l’immeuble. Après tout, je vais interviewer celle qui a pour habitude de poser les questions. 

Celle à laquelle tant de femmes se sont laisser aller à des confidences tellement personnelles, parfois profondément enfouies en elles. Elle délivre la parole et fait naître des images. Et forcément, cela me met clairement la pression. Va-t-elle se livrer à moi, à nous, pour vous ?

Elle ouvre la porte. Fraîche, éclatante, simple, spontanée. La discussion s’engage, sans filtre, sans tabou. Autour de nous, mon équipe travaille à capturer cet instant, le flash ne cesse de crépiter, et pourtant tout ce brouhaha nous indiffère. On parle, l’une face à l’autre, avec cette impression si particulière de se connaître depuis toujours… du moins depuis 5 bonnes minutes. D’elle, on ne sait finalement peu de choses, comme si sa voix suffisait à masquer l’essentiel. Elle, c’est Clémentine Galey, la femme qui murmure à l’oreille des mamans dans son podcast sur la maternité décomplexée « Bliss Stories ». Chez elle, avec vue sur les toits de Paris, cette femme à la voix pénétrante et à la beauté naturelle insoupçonnée, entrouvre quelques portes sur sa vie.

Vous avez été casteuse et aujourd’hui vous êtes podcasteuse. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Ce choix s’est un peu imposé à moi. J’avais la chance folle de travailler dans un milieu professionnel (la chaîne de télévision TF1 ndlr) dans lequel je m’épanouissais totalement, au sein d’une équipe bienveillante et dynamique. Il y a presque deux ans, d’une manière confidentielle, j’ai lancé mon podcast, mais très vite j’ai reçu des centaines de messages enthousiastes sur les réseaux sociaux, sur ma boite mail. C’était un peu dingue. Cet engouement collectif exprimait clairement le besoin qu’il y avait de parler et de libérer la parole autour de ces sujets que sont la grossesse et la maternité. A l’aube de mes 40 ans, j’ai donc entrepris ce virage et me suis lancée dans l’aventure.

Vouloir entreprendre une aventure plus personnelle… était-ce, pour vous, une nécessité ?

J’étais heureuse de travailler dans le milieu de l’image, du divertissement, de la télévision… mais j’avais besoin de me sentir un peu plus utile. De manière très personnelle, j’avais envie de faire rentrer un peu plus de sens dans ma vie. En faisant ces interviews de femmes, dans leurs yeux et à travers leurs mots, je me suis sentie très vite à ma place, j’ai su que je les aidais et que cela leur faisait du bien de me parler. Il y avait là un aspect thérapeutique presque hypnotique de se replonger dans ces moments de vie si forts et si intenses.

Comment a germé l’idée de Bliss Stories ?

Ce sont des petites graines qui se sont plantées dans mon esprit au fur et à mesure des années. Tout d’abord ce besoin de se sentir utile et de donner un peu plus de sens à ma vie professionnelle. Et puis l’envie de traiter un sujet qui est en moi depuis toujours : je suis une grande passionnée de la maternité ! Cet intérêt immense pour cette phase importante de la vie est né, je pense, quand j’ai vécu, du haut de mes 10 ans la grossesse de ma maman. Enceinte du petit troisième, qui s’est révélé être des petites sœurs jumelles. C’était à mes yeux la plus belle nouvelle qui puisse arriver, le plus beau cadeau que mes parents pouvaient me faire ! Je me souviens de tout, de mon ressenti de petite fille, puis après de grande sœur. Ça s’est cristallisé en moi et cela ne m’a plus jamais quittée. Bliss Stories découle forcément de ce passé et aussi de ma propre expérience de mère et de ma maternité pendant laquelle j’ai moi-même manqué d’informations. 

Quand on écoute un de vos podcasts, on entend votre voix. Comment la définiriez-vous ?

On me dit souvent : tu as une voix enveloppante, bienveillante, douce. Et pour dire vrai, je ne l’avais absolument pas identifiée comme telle. Au début de l’aventure je détestais m’écouter, le montage était un véritable supplice, au point de couper au maximum mes interventions.  Ce fut très compliqué pour moi d’apprivoiser ma voix et de finir par m’entendre. Mais je me suis rendu compte, de manière inconsciente certainement, que je me plug aux mamans que j’interviewe, je me connecte à elles, leur cœur, leur esprit, leur histoire. Et dans cette bulle qui se crée au fur et à mesure de notre échange, ma voix se pose, se module. Je ne la travaille pas bien évidemment pas comme le ferait une chanteuse. Mais de manière presque organique, ma voix se met à leur diapason, et elle s’accorde tel un instrument de musique qui dès les premières notes les met en confiance et les accompagne dans leur récit.

Poser des questions à des femmes, toutes très différentes aux histoires intimes parfois très touchantes, voire douloureuses, comment le vivez-vous personnellement ?

Ça me bouleverse ! C’est très ambivalent. D’un côté je me nourris de leurs histoires, de leurs anecdotes incroyables, j’absorbe tout cela et j’en ressors remplie d’une nouvelle expérience. Et à la fois, je suis vidée, épuisée. Souvent, il faut que je laisse reposer l’épisode avant d’y retourner et de le réécouter. La recette Bliss Stories est simple : il faut de l’émotion, du rire mais aussi et surtout de l’information concrète, précise et claire. Je ne prépare aucune question, c’est très instinctif, spontané, et d’ailleurs je mets un point d’honneur à très peu en parler avant avec l’invitée car je trouve qu’il n’y a rien de mieux qu’un premier jet !

Le choix des mots est important pour délier la langue et prendre la parole, quels sont ceux que vous aimez employer ?

C’est plus que des mots, c’est une temporalité. Je parle toujours au présent. Cela semble être un détail mais de leur parler au présent et de leur demander de se replonger dans ce présent qui peut dater d’il y a dix ans, cela déclenche quelque chose d’indescriptible qui leur fait revivre l’instant.

Il y a eu forcément des moments plus émouvants que d’autres… est-il facile de garder une certaine distance ?

C’est important d’en avoir une, mine de rien. Sinon ce serait trop dur. J’arrive à cloisonner. Et quand je retrouve mes enfants je redeviens opérationnelle en tant que maman. Même si parfois, je me rends compte que je n’y parviens pas toujours car il y a des histoires auxquelles on ne peut pas rester insensibles. Et je dirai presque : tant mieux !

Est-ce que, parfois, vous vous retrouvez dans les histoires de certaines de ces femmes que vous interviewez ?

Évidemment, cela fait parfois écho à ma propre expérience, que pour le moment je n’ai jamais racontée. Mais j’ai promis à mes auditrices de me prêter à l’exercice et je tiendrai parole.

Ce qui est plus surprenant c’est que je ne suis pas toujours émue au moment où je pensais l’être. Mais Il y a des instants qui me cueillent. Un mot, une recontextualisation du moment et j’ai l’impression de le revivre avec elle. L’émotion arrive souvent là où on ne l’attend pas et la réalité est tellement plus forte que n’importe quelle fiction !

Vous êtes la maman de deux enfants (Pablo, 8 ans et Thelma 6 ans ndlr), à la question « Que fait-ta maman, comme métier ? » que répondent-ils, à votre avis ?

Ils répondent tout naturellement « maman est podcasteuse » même si c’est un nouveau métier pas forcément connu de tous. Au début ils disaient « elle fait du Bliss ». Je vous avoue que j’aurais aimé voir la tête des maîtresses quand elles entendaient ça.

Ils sont très intéressés par Bliss Stories, très au courant et très concernés. Il arrive même à mon fils de se lancer un petit épisode. C’est tellement mignon.

Aujourd’hui Bliss Stories connait un véritable succès, c’est un des podcasts les plus écoutés avec un public fidèle, comment l’expliquez-vous ? Qu’est-ce qui vous rend si différent des autres podcasts ?

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C’est difficile à dire. Ça reste une grosse question. Pour dire vrai, je ne sais pas… peut-être un ton. J’ai bénéficié de la primeur, d’un immense élan collectif de sororité, d’enthousiasme. Je n’ai à ce jour eu aucun commentaire négatif, que de la bienveillance et de la douceur. Mes auditrices me portent. Et j’ai l’impression qu’elles ne veulent surtout pas que cela s’arrête.

Elles se partage le filon comme on se refile une bonne adresse. C’est pour moi le signe que le pari est réussi. Sans compter que même le corps médical s’est emparé du phénomène, les médecins, sages-femmes, soignantes… recommandent Bliss Stories. C’est tellement gratifiant.

Bliss veut dire béatitude, c’est un temps suspendu, et d’ailleurs dans toutes mes interviews, la femme peut être la plus solide qui soit, dès qu’elle raconte le moment où ce petit être vivant sort de son ventre, l’émotion revient systématiquement. C’est un moment de grâce ultime. Et Bliss résume tout cela. Ce vécu relie toutes les mères que nous sommes.

Casteuse, podcasteuse… y-a-t-il un autre métier que vous auriez aimé faire et qui se finirait aussi en « euse » ?

Accoucheuse !

Quel serait pour vous la plus belle des suites à Bliss Stories ?

Je me pince encore tous les matins pour y croire et je me dis que j’ai une chance inouïe. J’aimerais continuer à faire grandir ce beau projet, peut-être le décliner sous d’autres formes. Je me rends compte que c’est une matière protéiforme, qui inspire beaucoup de gens autour de moi. Mon ADN reste l’image… un complément visuel n’est donc pas à exclure. Ce sont des pistes sur lesquelles je travaille d’ailleurs actuellement.

Et puis petite info de dernière minute, mon livre sort courant mars aux éditions Hachette.

Voilà un nouveau grand moment, à partager !

L’interview se termine sur ces mots, ce dernier projet. Tout cela a amené une certaine sérénité, tranquillité, ce qui peut sembler assez cliché. Clémentine n’est peut-être pas si facile à saisir mais l’objectif de notre photographe a réussi à capturer des instants rares. Son sourire en plus. On remballe, on s’éloigne.

Un nouvel épisode de Bliss Stories est dans la boite !

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