Parce qu’elle voulait célébrer la maternité, Béatrice de Montille a créé Merci Maman il y 11 ans. On vous en avait d’ailleurs parlé à l’occasion d’un Noël ! Sa marque de bijoux fantaisie, mais à la symbolique forte, permet à chacune de porter le prénom de son enfant tout contre elle. A la fois chic et intemporel, l’univers de Merci Maman séduit de nombreuses mères à travers le monde, jusque dans les plus hautes sphères de maisons royales… Une belle aventure, familiale avant tout, que Béatrice de Montille accepte de partager pour KiDS.

Comment définiriez-vous l’esprit de Merci Maman ?  
Merci Maman est une marque de bijoux personnalisés, gravés à la main dans l’un de nos trois ateliers basés à Londres, à Paris et à Berlin. L’esprit de Merci Maman c’est avant tout de célébrer la maternité. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi ce nom de marque. Il est porteur d’un message qui veut dire ‘merci pour la vie’. Il traduit cette relation si forte entre une mère et son enfant. Nous proposons des bijoux fantaisie (colliers, bracelets, joncs), mais chargés de sens et d’émotion.

Vous êtes maman de quatre enfants (Martin, 14 ans, Chloé, 12 ans, Romane, 8 ans, Garance, 6 ans, ndlr). Ce sont eux qui vous ont donné l’envie de créer Merci Maman ? 
Comme beaucoup de femmes, au moment de ma deuxième grossesse, j’ai voulu mieux concilier ma vie professionnelle et ma vie familiale. J’avais envie d’avoir du temps pour mes enfants, de les voir grandir. J’ai donc démissionné de mon précédent poste pour créer Merci Maman. L’idée m’est venue en voulant commander un cadeau personnalisé pour ma fille. Je me suis rendue compte qu’il n’y avait rien de très chic, ni de contemporain. C’était il y a dix ans et il n’y avait alors pas la même offre sur Internet qu’aujourd’hui. J’ai donc réfléchi à la création de cadeaux de naissance et de cadeaux pour la maman. Nous habitions à Londres, c’est donc là-bas que la marque a fait ses premiers pas. Au début de l’aventure Merci Maman, je proposais aussi bien des serviettes brodées que des bijoux gravés. Je n’ai finalement conservé que les seconds, car le bouche-à-oreille a bien fonctionné sur les bijoux. A tel point que la princesse Kate Middleton est apparue un jour avec l’un de nos colliers autour du cou…

Une belle surprise en effet ! La duchesse de Cambridge est donc l’une de vos clientes ? 
C’est Pippa Middleton, sa sœur, qui a passé plusieurs commandes sur notre site. Au moment de la naissance de Georges, le premier fils de Kate Middleton et du prince Williams, nous avons envoyé à Pippa un cadeau qu’elle a transmis à Kate. Il est très rare que Kate accepte les cadeaux qu’on lui envoie : nous avons eu une chance folle qu’elle fasse une exception pour le nôtre. Nous avons découvert sur Internet une photo de Kate portant notre collier, qui a ensuite été publiée dans Hello Magazine. Cela a propulsé notre petite entreprise ! Nous avons pu nous développer encore plus facilement à l’international, notamment aux Etats-Unis, qui sont très friands de ce que porte Kate Middleton.
Au début, nous ne l’avions pas envisagé comme une opportunité business. Nous étions juste fiers de voir la plus jolie maman du monde porter notre création. C’est une amie qui m’a alerté de l’impact que cela aurait sur l’entreprise : elle m’a aidé à anticiper le rush. Quatre ans plus tard, cette histoire continue de nous accompagner. On nous parle toujours de cette photo.

Votre histoire avec la famille royale d’Angleterre ne s’arrête pas là. Une autre photo circule beaucoup : celle où vous serrez la main de la Reine d’Angleterre, herself ! 
En effet, nous avons rencontré Elisabeth II lors des Queen’s Award for Enterprise, qui récompense les entrepreneurs les plus dynamiques dans le secteur du commerce international. Nous étions en tout une centaine d’entrepreneurs à recevoir le prix et l’assemblée était très masculine. En tant que femme et française, je détonnais un peu. J’étais accompagnée de mon mari, Arnaud, qui a rejoint Merci Maman pour en chapeauter l’aspect financier il y a cinq ans maintenant. Cet événement au sein même de Buckingham Palace a été mémorable. La reine est un monument de notre époque. C’est quand-même une femme qui règne depuis plus de 60 ans et qui a vu les Présidents du monde entier se succéder ! Pourtant, elle reste très connectée au monde de l’entreprise. Lors de la rencontre, j’ai pu échanger quelques mots avec elle. Je n’y étais pas du tout préparée car je ne pensais pas lui parler. Mais Elisabeth II est aussi une maman… Je lui ai dit que j’avais quatre enfants, comme elle, et que Merci Maman était porté par ses petits-enfants. Au final, il y a eu beaucoup d’affectif dans cette rencontre.
Pendant le cocktail qui a suivi la remise des prix, une femme est venue nous voir et nous a interrogés, Arnaud et moi : « êtes-vous les Français fabricants de bijoux à Fulham ? La Reine m’a raconté votre histoire ! ». Que la Reine se souvienne de nous était juste incroyable ! J’ai eu des étoiles plein les yeux !

Vos enfants semblent très présents dans l’aventure de Merci Maman. Les deux sont-ils indissociables pour vous ?  
Depuis la création de Merci Maman, j’ai toujours veillé à conserver cette flexibilité vie pro/vie perso, qui m’a permis d’être présente pour mes enfants. Même à la tête d’une entreprise de 40 personnes aujourd’hui, je conserve des rituels simples, mais importants, comme aller chercher mes enfants à la sortie de l’école. Il est vrai que, d’une certaine manière, ils ont accompagné la croissance de Merci Maman. Au début, ils ont participé aux différents photo-shoot. Aujourd’hui encore, ils apportent leur grain de sel : quand je prépare une newsletter, ou lorsque nous imaginons de nouveaux produits. Mes filles notamment aiment beaucoup donner leur avis. Pour autant, ce n’est pas pour ça que mes enfants deviendront chefs d’entreprise. Mes deux aînés envisagent des métiers très différents : l’un veut être diplomate, l’autre sage-femme. L’entreprise ne restera peut-être pas familiale…

Vous êtes le parfait exemple de la mumpreneur, la maman qui entreprend. C’est un terme que vous plait ?  
Je suis devenue entrepreneur parce que je suis devenue maman, donc oui j’aime bien ce terme de mumpreneur. De plus, à Londres, la communauté des mumpreneurs était très importante : nous faisions des ventes ensemble ou nous nous échangions des conseils. Aujourd’hui de retour en France, je m’efforce à mentorer moi-même des femmes qui sont entrepreneurs. Beaucoup se mettent des freins et n’osent pas réaliser certaines choses. Pourtant, c’est possible, à condition que chacune puisse trouver son équilibre. En ce qui me concerne, ce besoin d’être avec mes enfants m’a appris à déléguer et à bien m’entourer. Recruter des gens différents de moi, avec leur propre parcours, leur propre vision des affaires, a été un vrai atout pour Merci Maman. Si je n’avais pas été aussi concentrée sur ma famille, j’aurais peut-être trop voulu garder les rênes de l’entreprise. Je sais désormais que l’entreprise est entre de bonnes mains.

Que faites-vous pour lâcher la pression ? 
J’essaie de prendre du temps pour moi. Je me ressource énormément à travers le silence. Aujourd’hui, on parle beaucoup de méditation ou de yoga : j’ai l’impression qu’on les impose presque à tout le monde. En fait, il faut juste se poser la question de quelle est sa propre source de bien-être et d’apaisement. La mienne passe par le silence. Je m’efforce donc de créer des moments où je suis seule pour prendre du recul et faire le vide à l’intérieur.

Est-ce aussi un moyen pour vous de trouver de nouvelles inspirations ?  
Du haut de ses 11 ans, Merci Maman repose beaucoup sur le travail en équipe : c’est important pour rester innovant ! Nous sommes tous à l’écoute des clients qu’il s’agisse de commentaires sur Instagram, d’échanges par téléphone ou de demandes particulières. Une fois, nous avons cherché comment satisfaire un client qui souhaitait une inscription en grec. Un défi de prime abord, mais que nous avons rempli ! L’important, c’est de répondre au client, ce n’est pas la rentabilité. De mon côté, j’essaie d’être en connexion avec les mamans sans non plus les voir que comme des clientes : je cherche l’interaction pour bien les comprendre. Tout doit être vécue de manière vraie.
Au final, nous gardons les yeux ouverts sur tout ce qu’il se passe autour de nous, sans oublier de tenir compte des tendances de la joaillerie. Actuellement, les attentes portent surtout les textures et les couleurs : c’est pourquoi nous avons imaginé les chaines boule ou les joncs martelés. Nous avons aussi paré nos bijoux de pierres semi-précieuses et nous avons imaginé une collection en émail.

Une actualité à nous annoncer, rien que pour KiDS ? 
En ce moment, nous travaillons sur la fête des mères : elle est pour nous l’occasion de mettre à nouveau en avant ce lien précieux qui unit une mère à son enfant. L’idée est de montrer que l’on peut être maman de 1000 façons, avec ses richesses, ses différences. Toutes les mamans sont différentes et nos bijoux sauront les toucher qu’elles soient rock ou classique…

Vous pouvez vous aussi découvrir le site de Merci Maman. 

Écrit par KiDS Team le 15 avril 2019